• Cgt carrefour

Courrier à l'attention de notre DRH Hypermarchés Mme Chavigny




Courrier à l’attention de Madame Marie Hélène CHAVIGNY

DIRECTION DES RELATIONS SOCIALES

93 avenue de Paris

CS 15105

91342 MASSY CEDEX

                                                                                                                      A Port de Bouc,

Le 9 novembre 2017.



Madame la Directrice Des Ressources Humaines,


Les annonces alarmantes apparues depuis l’arrivée d’Alexandre BOMPART à la Présidence du Groupe Carrefour ces derniers mois apparaissent comme une volonté de le « détricoter ».

Les projets annoncés dans les médias et notamment mis en place dans notre entreprise sont socialement et économiquement inacceptables. Ils ne répondent absolument pas aux besoins des salariés qui créent les richesses du groupe, jour après jour, avec leur travail.

Nous vous annonçons d’ores et déjà que La Coordination des Syndicats CGT Carrefour Hypermarchés SAS  continuera de prendre toute sa place dans la sauvegarde et l’amélioration de la condition des salariés.

Pour nous, cela passe  d’abord par une autre répartition des richesses, impliquant une revalorisation importante des salaires et par de meilleures conditions de travail.

Plus généralement cela passe aussi par le retrait des ordonnances de la loi dite « travail », et toutes les lois rétrogrades mises en place depuis plusieurs années à l’avantage exclusif des marchés financiers. Les reculs sociaux doivent se conjuguer au passé !

L’amélioration des droits sociaux doit être la réponse aux besoins des salariés.  Madame la Directrice des « ressources » humaines, vous auriez tort de négliger leur colère et leurs attentes.

En premier le lieu nous tenons à avoir une expression sur vos  « Chiffres ».

Nous constatons que les chiffres annoncés sont loin d’être aussi catastrophiques ! On peut y voir que les actionnaires sont toujours plutôt bien lotis !

La France représente 46,8% du Chiffre d’Affaire global du groupe et 20% des profits.

Depuis 2014, au sein du groupe c’est une hausse de 7,5% du CA et une hausse de 13,6 % des autres revenus que Carrefour enregistre.

Le Groupe n’est pas en déperdition. Ce n’est pas de la responsabilité des travailleurs de notre entreprise  s’il se fixe des objectifs financiers démesurés ! Il y a assez d’argent pour payer les frais, les salaires, l’investissement, etc. … Le résultat NET du groupe reste positif.

La CGT constate une fois de plus que l’intérêt des salariés n’est pas le même que l’intérêt des actionnaires !

Pour la CGT c’est la démonstration que la relance de la « santé économique des entités du groupe »  ne se fera que par une autre répartition des richesses !

Pour notre organisation syndicale le devenir des salariés de notre entreprise nous préoccupe avant tout. Quelle stratégie globale va être choisie  à court, moyen et long terme et avec quelles conséquences sociales ? Les explications opaques de Monsieur RABEC Alain, ne nous permettent pas à ce jour de répondre aux interrogations dont nous allons vous faire part et sur lesquelles nous attendons de votre part, des réponses concrètes.

Il semble d’ailleurs que la concurrence derrière laquelle vous vous retranchez pour imposer vos projets antisociaux, laisse de plus en plus la place à une entente tacite entre grands distributeurs sur la question de l’augmentation des prix de vente.  Il nous parait  pour le moins aventureux d’un point de vu sociétal et économique  que le Groupe se lance, via notre entité notamment, dans une politique « Prix contre Volume » !

Madame la Directrice des Ressources Humaines, plusieurs points attirent notre attention, sur lesquels, nous vous demandons donc de nous éclairer :

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Sur la stratégie Omnicanal :

Le groupe souhaite davantage développer son e-commerce (Rue du Commerce, Greenweez, drive Carrefour,) ou le paiement mobile afin de faire face à la « concurrence du commerce électronique » et aussi réduire certains couts fixes et les frais de personnel.

Nous nous interrogeons sur les impacts au niveau de l’entreprise sur :

  • Déqualification de certains métiers,

  • de l’utilisation de la polyvalence, de la poly-activité, de la sous-traitance,…

  • de la surcharge de travail,…

  • La réduction, voire la disparition de certains rayons comme l’EPCS,

  • la réduction d’effectifs, aucun n’engagement n’ayant été annoncé en matière d’embauche…

Par conséquent nous nous inquiétons des conséquences pour les salariés concernés, notamment sur les inévitables risques psycho-sociaux que cela va induire. Nous vous demandons officiellement par avance comment avez-vous prévu d’y remédier ?